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STAARP-Section Tandem des Auxiliaires des Aveugles de la Région Parisienne
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STAARP - Section Tandem des Auxiliaires des Aveugles de la Région Parisienne

Brye 2011

Séjour dans la Brie

Article mis en ligne le 14 mai 2018
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La balade du 23, 24 et 25 avril 2011, la balade des gens heureux

Nos bagages bien attachés et nos bidons remplis, nous roulâmes jusqu’à la gare de Val de Fontenay où nous primes le train pour Tournan en Brie et à peine

une demi heure plus tard, nous commençâmes, ce qui va se révéler une agréable excursion.

Grâce à Christian, ... remercions notre valeureux chevalier cycliste, une des valeurs sûres de la STAARP qui compte à son actif, l’équivalent du tour du

monde ...Donc, grâce au parcours préparé par Christian, nous voilà pédalant allégrement sur les petites routes de campagne ; Les Chapelles-Bourbon, Marles-en-Brie,

Lumigny, Pézarches, Touquin, Amillis, Chevru, Leudon-en-Brie, ...Il fait beau, c’est plat, c’est jaune et vert et ça roule tout seul.

Au bout de 40 ou 45 bornes, nous nous arrêtâmes à l’ombre d’un grand arbre pour casser la croute et faire une pause ...dans les orties.

Nous réprimes la route et partîmes à la recherche d’un bistrot pour prendre un café mais nenni, il n’y en avait pas ni à Vieux Maisons, ni à Saint-Martin

du Boschet, ni à Baleine, ni à Courgivaux, ni à Escardes, ni à Seu. A Chatillon-sur-Morin, mon copilote perdit un .. boulon et se mit à répéter « le Morin »,

« le Morin » en roulant les r et sur tous les tons : Nous étions bien contents d’être sur la route, de profiter du soleil, de pédaler encore et encore.

11. Mais quelques centaines de mètres derrière nous, Audrey et Christian ont dû mettre pied à terre car subitement et sans raison, un des verres des lunettes

de Christian se détacha et roula par terre. Et même si le verre était intact, Christian repartit avec des lunettes sans verre et une copilote lui demandant

s’il y voyait quand même.

Nous arrivâmes bien sains et sauf au Plessis après avoir dévalé une longue et belle route ombragée entre Bricot-la-Ville et le Meix-Sain-Epoing.

Le Plessis est un petit hameau de la commune de Saudoy, situé sur la route départementale 453 au Sud-Ouest du département de la Marne à 5 km de Sézanne

et c’est là qu’habite nos hôtes, Yves, un ancien « Staarpiste » et sa femme Françoise.

Un porche grand ouvert, une tourelle sur le coté, une grande cour gazonnée et des bâtiments tout autour, nous poussâmes nos tandems à l’intérieur d’une

belle ferme, un peu vieillotte mais pleine de charme ; un jeune homme et une enfant viennent à notre rencontre, bientôt rejoints par Yves, Françoise et

Valérie. Nous fûmes accueillis à bras ouverts, reçus et fêtés comme des amis. Toute la famille Joulin s’est mise en quatre avec beaucoup de simplicité

et de bonne humeur pour rendre notre séjour agréable et convivial.

Entre Yves qui bichonnait nos tandems et allumait le feu de bois, Olivier qui débouchait le champagne et prêtait mains fortes à la préparation du barbecue,

Valérie et Françoise qui nous préparaient de savoureuses salades et autres appétissants plats et surtout l’adorable petite Lisa qui nous faisait des bises

à la ronde et qui voulait « dormir avec les amis », nous étions confondus d’autant de gentillesse et d’amitié.

Nous remercions vivement Françoise, Valérie, Lisa, Olivier et Yves de leur accueil et des bons moments que nous avons passés chez eux.

Ainsi se termina notre première journée de voyage, nous étions bien contents d’aller nous reposer mais quand même pas trop rassurés à l’idée d’utiliser

un saut de nuit...

Le Lendemain matin...

La balade des gens heureux 2ème jour

Notre première étape, ce deuxième jour était le village de Barbonne, au sud-ouest de Plessis que nous rejoignîmes en dévalant à toute vitesse la départementale

D951 sur plus de trois kilomètres. Des coteaux de vignes ça et là modifiaient quelque peu l’uniformité du paysage jaune et vert de la veille que mon copilote

décrivait comme un patchwork ondoyant de colza en fleurs, de céréales et de bouquets d’arbres, un patchwork parsemé de bourgs en miniature.

Nous rêvions que nous reviendrons les vendanges prochaines, goutter aux raisins, au vin et au champagne de la région.

Mais dés l’entrée du village, la boulangerie, objet de notre visite et perchée en haut d’une belle petite côte, nous ramena au temps présent et nous appuyâmes

sur nos pédales. Peu de temps après, nos baguettes soigneusement enveloppés avec le reste de nos provisions, nous primes une petite départementale sur

la droite qui nous ramena par un autre chemin et avec le même plaisir, vers la belle forêt de Traconne traversée la veille au soir et où j’aperçus furtivement

la queue d’un écureuil se faufilant derrière un tronc d’arbre.

La Traconne est une vaste forêt de 3000 hectares parcourue de nombreux sentiers et de plusieurs routes forestières. Ces dernières convergent toutes en un

point central, baptisé la clairière ou le carrefour de l’Étoile. Il s’agit d’un vaste rond-point d’herbe situé au beau milieu de la forêt avec une obélisque

en son centre ; une colonne de grès gris surmontée d’une croix de fer et qui daterait du XVIIIe siècle.

Ignorants la charge historique de cet endroit et la rareté du hêtre noueux qu’il abrite, le fau de la Traconne, nous filâmes tout droit vers La Forestière

où nous mimes pied à terre pour une petite halte. Et c’est alors, que je commis ma énième gaffe en rechignant à chercher au fond d’un sac à dos de la crème

solaire pour Audrey mais voulant bien le faire pour Olivier.

Était ce par hasard ou une vengeance humaine ? mais le temps de ranger notre sac et nous voilà, Olvier et moi, bien penauds, les jambes ballantes, au milieu

d’un croisement, sans trace d’Audrey et de Christian. Heureusement, une gentille voix derrière nous remit bientôt sur le droit chemin et nous rejoignîmes

vite nos compagnons de voyages, formant à nouveau une équipe solidaire, du moins pour quelques kilomètres.

Nous voulions aller à Nesle-la-Reposte et nous nous retrouvâmes au Essarts-Le-Vicomte. Sans embarras aucun , Christian, ses lunettes bien réparées nous

trouva vite une belle départementale qui nous ramena à Bouchy-Saint-Genest puis vers Fontaine-sous-Montaiguillon. De là, nous filâmes tels des conquérants

à l’assaut des vastes champs de blé et de colza tout droit vers Villegruis et Lechelle.

Au sud Ouest de Lechelle, notre route suivant le cours d’une petite rivière, La Voulzie, serpentait à l’ombre d’un beau bois privé qu’Olivier qualifia de

bucolique et où il aurait voulu casser la croute. Mais Audrey et surtout Christian restèrent inflexibles et nous laissèrent sur notre faim jusqu’aux abords

de la ville de Provins, cité médiévale, patrimoine mondial de l’Humanité et but de notre balade.

Assis sur un tronc d’arbre ou debout face à une petite prairie, nous primes le temps de bien nous restaurer et de nous délasser avant de visiter la ville.

Nous abordâmes la Ville-basse de Provins par une sympathique rue piétonne bordée de maisons à colombages et à l’exception de la cafetière qui refusa de
remplir nos bidons, l’ambiance était à la fête et aux vacances. Nous poursuivîmes à pied notre ascension vers la Ville-haute, une ville bâtie sur une pointe
rocheuse, poussant nos tandems à deux mains et louvoyant parmi les flots de touristes. Nous admirâmes à loisir la configuration naturelle du site et ses
multiples constructions religieuses. Audrey et olivier purent apprécier avec leurs mains l’épaisseur des murailles du donjon le plus représentatif de Provins,
la tour César, un donjon de forme octogonale élevé sur une base carrée. Nos deux tourteaux posèrent pour l’éternité et par deux fois devant ce beau vestige
du passé.

Non sans quelques tours et détours, nous quittâmes enfin Provins et les Provinois et reprîmes avec soulagement le chemin du retour, suivant presque le même
itinéraire qu’à l’aller. Nous retrouvâmes les mêmes chiens à l’entrée de Lechelle, les mêmes étendues de céréales et colza entre Lechelle, Villegruis et
Fontaine, étendues que nous avions baptisées de grande et petite traversée de désert, les mêmes vaches et chevaux aux abords de La Forestière et la même
boulangerie à Barbonne sauf qu’elle n’avait plus de pains.

A Saudoy, une odeur alléchante de pains chauds arrêta net notre course devant une petite auberge où nous nous empressâmes d’acheter au prix fort du bon
pain de campagne cuit au feu de bois.

Ce soir là, nos camarades Madeleine et Bernard nous avaient rejoints et nous pûmes tous profiter d’un bon diner et d’une belle soirée où le champagne nous
fût encore offert, où Françoise nous prépara un bon caviar d’aubergine, une bonne salade et de belles tartes à la rhubarbe, où les Joulin père et fils
rallumèrent le feu pour un autre barbecue et où le babillage de la petite Liza et la gentillesse de sa mère, Valérie, ajoutèrent une touche ultime de gaité
et de légèreté.

Ce fût une agréable soirée que même la délicate question de l’alcool, de ses effets et de ses dérives dans nos sociétés, question maladroitement évoquée
par la gaffeuse de service, n’arriva pas à gâcher.

Déjà, le saut de nuit ne nous inquiétait presque plus...


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